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De la lande d'autrefois à aujourd'huiCette entité s’étend sur les anciennes landes humides inhabitées, comme le voyait en son temps Félix Arnaudin.
Elle se caractérise par une occupation du sol exclusivement forestière ; la culture du pin maritime prend ici toute son ampleur et le paysage révèle de manière claire la logique économique de la forêt landaise. Cette gestion intensive en futaie régulière crée un paysage à la fois fermé, caractérisé par l’homogénéité, la densité et la régularité des plantations, et ouvert par les coupes rases, les éclaircies, les pistes forestières ou les pare-feux. Le long des routes et pistes, les billots de bois découpés et en attente témoignent de l’activité économique de la filière. Quelques éléments émanant de l’ancienne lande humide sont néanmoins encore perceptibles ; les touffes de molinie favorisent la cohésion du sol et apportent une teinte claire au sous-bois ; les lagunes constituent toujours des éléments insolites. La logique d’usage est essentiellement productive, et basée sur la propriété forestière. Les variantes paysagères découlent donc de l’exploitation de cette forêt cultivée de pins maritimes où se succèdent des parcelles d’âges variés, soumises à divers mode de semis et d’entretien. Les fondamentaux de cette gestion sont très bien expliqué au grand public à Graine de foret à Garein. La forêt cultivée du plateau landais représente des enjeux économiques importants reliés à ceux de l’ensemble du massif forestier des landes et se posent en terme de gestion durable, d’emplois, et concernent plus particulièrement la gestion de la ressource en eau, la préservation et la gestion des lagunes. Sur place, le rideau sombre des pins formant écran le long de la route. En y pénétrant l’on bascule dans un autre univers, tant la perception de la pinède est différente. Lesous-bois est clairsemé, lumineux : la forêt pose d’emblée la profondeur comme caractère essentiel. La sérénité induite par l’immensité est accentuée par l’isolement et le calme, mais la forêt ménage des surprises, quand détale un chevreuil, apparaît une lagune ou un ruisseau encaissé. La pinède présente une grande diversité des sous bois où perdure l’ancienne lande, localement parsemée de chênes tauzins, dominée par la molinie dans les parties humides, ou par la fougère aigle, ou encore la bruyère cendrée dans la lande sèche. Sur le plateau sableux, la forêt forme ainsi une mosaïque subtile de micro paysages, craquante ou moelleuse fleurant la résine ou l’humus. |