Ile de Malprat

Historique des lieux

C’est à la fin du 18ème siècle (1762) que l’île de Malprat («Mauvais près»), fut endiguée à des fins salicoles. Suite à une suppression de l’exonération de la taxe sur le sel, cette activité fut remplacée par la pisciculture extensive. Les dernières détentrices des lieux furent les « Marquises de MONEYS ».

Site naturel protégéCette île de 140 hectares, entourée de 11 écluses, possède 19 bassins et un réseau de profonds alimentés uniquement en eau saumâtre (60 hectares). De février à septembre, des alevins d’anguilles, mulets, bars entraient par les écluses lors des hautes marées (coefficient = 80). Une fois à taille adulte en Hiver, ces poissons étaient pêchés dans les profonds à l’aide de filets ou à l’écluse pour les anguilles.

Au bout de la passerelle du port des Tuiles se trouve une des trois maisons d’éclusier ainsi qu’une grange, entièrement en bois, située en plein cœur d’un écosystème prairial de 40 hectares. Ce milieu favorise le développement de certaines espèces floristiques et faunistiques (amphibiens, loutre, cistude, vison, anatidés, insectes) car il est alimenté uniquement en eau douce (précipitations, puits artésien). Les prairies et les bosses étaient pâturées par le bétail et servaient à la fenaison.

L’entretien des digues, renforcées de brandes et de pieux, représentait beaucoup de temps, de travail et d’argent. Peu à peu toutes ces activités cessèrent sur Malprat et vers la fin des années 1980, on n’y pratiquait plus ni la pêche ni l’élevage ; seuls restaient sur le terrain les chasseurs actionnaires.
En 1997, la dernière Marquise mourut et le 7 juillet 2001 le Conservatoire du Littoral s’appropria les lieux par dation en paiement des droits de succession. La gestion fut alors confiée au Conseil Général de la Gironde ainsi qu’à la commune de Biganos.


Faune et flore

D’un point de vue écologique, il s’avère que, malgré l’abandon de la pêche et de l’agriculture, certaines espèces floristiques et faunistiques intéressantes sont présentes sur l’île de Malprat, c’est le cas pour la «Renoncule de Baudot»,la «Ruppie Maritime», la «Gorge bleue à miroir blanc de Nantes», la «Loutre d’Europe», la "Cistude d’Europe»…






L’île est composée de plusieurs milieux, permettant ainsi d’accueillir de multiples espèces faunistiques.


Site naturel et protégéOn y trouve des roselières à l’intérieur et sur les bordures, très favorables pour les paludicoles («Rousserolle effarvatte», «Phragmite des joncs", «Bruant des roseaux", «Hypolaïs polyglotte») en période de nidification ou lors des haltes migratoires, mais aussi des grandes zones prairiales où se développent un grand nombre d’insectes, des vastes plans d’eau fréquentés par les échassiers (« Spatule blanche », « Grande aigrette »), les limicoles et les anatidés, mais encore des zones arbustives propices à la nidification du « Milan noir ».



Depuis l’approbation du plan de gestion en mars 2007, l’île de Malprat fait état d’un grand plan de restauration et de suivis naturalistes. L’objectif principal est la préservation, la gestion des habitats et des espèces en parallèle avec les différentes activités présentes ou futures (Sorties à thèmes grand public et scolaire, chasse, agriculteur, Entente Interdépartementale de Démoustication…).

Pour résumer l’île de Malprat , il s'agit d'un «site naturel protégé à fort patrimoine culturel et historique composé d’une mosaïque d’habitats et d’une grande biodiversité bien spécifique».