Boucle vélo ''Le chemin des mutations''

Communes de Sabres, Luglon, Arengosse, Villenave, Arjuzanx, Morcenx

Cartes IGN au 1/25 000e n° 1540 OT, 1541 OT, 1441 ET, 1440 ET

De la Grande Lande au pinhadar, de la résine au maïs, de la fée électricité à la grue cendrée, de la vapeur au TGV, ce pays ne cesse de se transformer, de s’adapter vaille que vaille. Et malgré cela, les plus ancestrales des valeurs ont toujours cours au fond du bois.

> 58 Km -6h
Longue balade sur un itinéraire tantôt forestier, tantôt campagnard, puis industriel et enfin presque citadin. La diversité est au rendez-vous, la prudence de mise sur quelques tronçons. En été, une escale baignade au lac d’Arjuzanx sera la bienvenue à la mi-parcours ; au printemps, les ruisseaux et la forêt seront sous leurs plus beaux atours. Des escales pique-nique à découvrir et à exploiter en fonction de votre rythme de pédalage… Balade longue pour les petits enfants.

Départ 
Place de l’église de Sabres. Accès en voiture depuis Bordeaux et Bayonne par la N. 10, sortie n°15. Depuis Mont-de-Marsan par la N.134.





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Itinéraire 

Quitter la place de l’église de Sabres on prenant à droite la D.327. Sortir du village et filer tout droit vers la forêt. Poursuivre ainsi jusqu’à Luglon, ou la taille de l’église, reconstruite en 1901, semble disproportionnée  avec celle de la population de cette petite commune forestière ; prendre à droite la D.14. La route file tout droit pendant des kilomètres jusqu’au quartier de Bezin, où une très belle maison ancienne se laisse admirer sous les chênes sur la droite. Dans Arengosse, faire très attention pour prendre à droite la D.38 et aussitôt à gauche en direction de Villenave. Juste à ce carrefour, face à l’église récente, un joli kiosque à musique trône sur la place. Passer la voie ferrée qui relie Morcenx à Mont-de-Marsan, puis plus loin traverser le ruisseau du Bez, une  petite rivière qui ira rejoindre l’Atlantique par l’intermédiaire de la Midouze et de l’Adour.

Peu après, sur la droite, s’arrêter à l’un des nombreux lavoirs de cette région où l’eau ruisselle de toutes parts. Dans Villenave, tourner à droite vers Le Bos. Un peu plus loin, sur le tuc*à droite, une vieille croix de bois domine le chemin.  Au croisement suivant, prendre à gauche la route des Armayans et poursuivre ce  chemin paisible qui longe l’espace naturel départemental d’Arjuzanx, d’où sortent parfois sangliers, chevreuils et cerfs, et qui traversent la route sans attendre que vous ayez sorti votre appareil photo…

Après la magnifique maison de Laparguire et son vénérable pin parasol (dénommé « pin franc » dans la région) qui trône devant l’airial, tourner à gauche, passer à nouveau le Bez et la voie ferrée, et remonter jusqu’au centre du village d’Arjuzanx. A droite, on peut voir l’un des rares monuments aux morts polychromes de la région. Prendre avec prudence la bande cyclable le long de la D.38 vers la gauche. On passe alors entre les deux parties de l’ancienne mine de lignite d’Arjuzanx, offrant maintenant un plan d’eau de baignade pour une partie du domaine nord, et une réserve de faune sauvage pour le restant. Cette gigantesque mine à ciel ouvert alimentait la centrale électrique de Morcenx, construite en 1959, et parachevait le développement de cette ville nouvelle construite dès 1854, à l’arrivée du chemin de fer. Mais, comme à Hostens, le stock de matière s’est épuisé, et EDF a fermé le site en 1992 après avoir réhabilité l’immense territoire sur le plan écologique.

Poursuivre ce chemin qui traverse une zone industrielle et longe un important poste d’interconnections pour les lignes électriques, puis passer la voie ferrée. Au giratoire de Morcenx, tourner à droite vers Solférino et Sabres, puis prendre la 1ère à gauche, la rue Galliéni ; poursuivre jusqu’à la place centrale de la mairie où l’on remarque une succession d’architectures « modernes » dans le style des différents bâtiments publics. Cela commence dans les années 1880 avec l’église, et se finit dans les années 1930 avec le complexe cinéma, mairie et salle des fêtes, richement décoré par les bas-reliefs de Lucien Danglade. Une organisation urbaine qui se voulait alors comme un rêve de cité idéale.  Poursuivre dans le même axe après la visite de la place. Passées les arènes en bois, tourner à droite rue Carnot, puis au bout à gauche. Au stop, prendre à gauche la D.77 vers Sabres ; au giratoire qui suit, continuer dans cet axe en passant à nouveau la voie ferrée Bordeaux-Irun, puis le ruisseau du Bez, au giratoire suivant, continuer vers Sabres.

Plus loin, la route longe d’immenses champs de maïs et d’autres cultures intensives. C’est ici l’ancien marais du Platiet, une lande humide maintenant totalement asséchée et dévolue à l’agriculture, où les Grues cendrées hivernantes, qui dorment la nuit dans la réserve d’Arjuznanx, viennent quotidiennement chercher leur pitance en grains de maïs oubliés par la récolte mécanisée. Sans la présence de ces champs immenses, les oiseaux poursuivraient leur voyage vers l’Espagne ou l’Afrique du Nord, en passant les Pyrénées, ce qui n’est pas toujours une simple formalité pour ces oiseaux. On le voit ici, les oiseaux sauvages profitent parfois – au moins temporairement – d’activités humaines dont on pourrait penser qu’elles sont en contradiction avec leur exigences écologiques.

Continuer sur la D.77, après le quartier de Gaillèbes, juste avant un virage sur la gauche qui précède un petit pont, s’arrêter sur le bas côté. Un lacis de sentiers en sous-bois mène à la Pierre de Grimann, un bloc de calcaire incongru au milieu de cet univers de sable, de fougères et de pins. Ce lieu fait l’objet d’un culte encore vivace. Il est dit qu’ici les enfants qui ont un retard pour marcher peuvent y retrouver leurs capacités… Les chaussures d’enfants, les petites chaussettes et autres lambeaux de tissus accrochés à la végétation proche montrent que le rationalisme n’a pas submergé totalement les habitants de la région, et que des pratiques aux lointaines origines païennes ont encore cours dans la Lande.

Reprendre la route jusqu’à Sabres. Au croisement de la D.44, traverser pour aller jusqu’à la gare. Les trains qui partent d’ici desservent uniquement l’airial de l'Ecomusée de Marquèze, dont la visite est indispensable pour découvrir et comprendre avec ravissement, les transformations paysagères et sociales qui ont animé cette région depuis deux siècles. Reprendre le vélo sur la D.44 vers le centre-ville, et retrouver, au pied de l’église pourvue d’un clocher mur, le point de départ de la balade.

A ne pas manquer 
L’incontournable visite de l'Ecomusée de Marquèze ; véritable monument du patrimoine national, doublé d’un site à l’ambiance unique ; 05 58 08 31 31. Le site Naturel d’Arjuzanx, pour le grand spectacle des Grues cendrées en hiver : 05 58 08 11 52.

Ressources locales 
Tous commerces à Sabres et Morcenx. Gîte et Chambres d’hôtes à Sabres : « Paguetout » ; 05 58 08 32 10, et à Luglon : « les Engoulevents » : 05 58 07 56 86 et – Ecogîte de Payan : 05 58 08 32 23. Camping le Peyricat à Sabres : 05 58 07 51 88.

Itinéraire de liaison 
Rrejoindre Labouheyre (19 Km) par la D.626 jusqu’à Commensacq, puis par les quartiers de Labrit et Gisoua et à nouveau par la D.626.

 

Textes rédigés par Frédéric Gilbert et Claude Feigné
Issus du Livre "Le Parc naturel des Landes de Gascogne à Vélo"  C. Feigné, F.Gilbert, 54 pages,  Editions  Sud-Ouest

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