Communes de Labouheyre, Solférino, Escource, Lüe
Cartes IGN au 1/25 000e n° : 1440 OT ET 1440 ET
Félix Arnaudin, fils de Labouheyre, a tenu une chronique minutieuse de la disparition progressive de la société de la Grande Lande face à l’avènement de la forêt de pins. Cette œuvre considérable et unique, réalisée dès la fin du XIXème siècle, doit énormément au…vélo. Car Félix était un homme moderne et, premier d’entre tous, il avait compris ce que pouvait porter en elle la « petite reine », de la lande.
> 44 Km - 3 ou 4h
Promenade sur des routes tranquilles, les quelques tronçons qui le sont moins sont signalés. A découvrir un matin d’automne, pour les couleurs de la forêt, ou lors d’une journée de printemps avec une escale repas à Solférino et une sieste au frais au bord du ruisseau d’Escource.
Départ
Place de l’église de Labouheyre. Accès en voiture depuis Bordeaux ou Bayonne par l’A.63, sortie n°16.
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Itinéraire
Quitter la place de l’église à droite par la rue Marc Mougnères. Au stop, partir en face en direction de la bibliothèque. Tourner dans la première à gauche, la rue François Mitterand, poursuivre vers le château d’eau. Au croisement suivant, suivre « Solférino ». Au rond point, continuer dans cette direction par la D.402. Un peu plus loin sur la droite, on aperçoit un élevage de faisans qui servent de gibier dans la chasse privée contiguë. Depuis une vingtaine d’années, la
chasse en enclos fermé se développe dans les grandes propriétés de la Haute-Lande, souvent en complément d’une exploitation forestière traditionnelle. Cette pratique génère la fermeture de certaines pistes, ce qui est souvent mal vécu par les autochtones habitués depuis toujours à circuler à leur guise dans la lande.
Au stop de la D.44, traverser avec prudence et contourner la petite chapelle de Solférino. Le village qui suit en s’égrenant des deux côtés de la rue est singulier à plus d’un titre. Solférino est un domaine acheté en 1857 par
l’Empereur Napoléon III (et constitué en commune en 1863), qui voulait développer là une « colonie » exemplaire pour
développer la lande par une agriculture rationnelle. Ce projet énorme entraîna la construction de neuf fermes, de quarante maisons, d’une église et d’autres bâtiments publics. Mais les résultats se font attendre, et
l’Impératrice Eugénie vend le domaine en 1905. Il reste de cette époque une commune constituée à partir de morceaux du territoire des voisines, et une organisation de l’espace très angulaire.
Poursuivre allée Madame-Schneider, et continuer jusqu’à l’auberge de la
Petite Ferme Impériale, l’un des anciens bâtiments du domaine qui abrite maintenant une petite ferme auberge. Revenir sur ses pas et, à 1 Km de la ferme, dans le virage, prendre à gauche la piste forestière n°63, une belle allée bordée de chênes. Cette piste au sol suffisamment stabilisé pour passer à vélo mène jusqu’à la
voie ferrée Bordeaux-Irun ; arrivé là, tourner à droite sur le chemin d’entretien de la ligne de chemin de fer et remonter jusqu’à la D.44. Prendre à gauche sur cette route, passer la voie ferrée ; sur la droite, on découvre la
gare de Solférino, construite dans le plus pur style architectural des années 1960. Continuer en serrant bien à droite? car de nombreux camions peuvent vous doubler. Au rond-point de Cap-de-Pin, filer en face vers Escource et traverser
la N.10, l’une des routes les plus fréquentées de France par les
poids lourds, qui sont près de 8000 à emprunter cet axe quotidiennement !
Après quelques coups de pédales, le calme revient et, 1 km plus loin, juste avant un panneau publicitaire, prendre sur la droite le petit chemin de sable qui mène aux
Fontaines Saint-Antoine. Attacher son vélo et descendre le chemin où l’on découvre successivement la fontaine St-Antoine de Lastraves, la fontaine Ste-Luce, et la fontaine St Cö. Nombreuses dans la lande (il y en aurait 130 dans le seul département des Landes), ces fontaines dites
guérisseuses ont chacune une spécialité thérapeutique (yeux, peau, montée de lait,…) et peut être même dans la capacité… à faire des miracles. Si l’église les a reconnues et en a fait des lieux sacrés, leur origine est bien antérieure et leur utilisation qui perdure est parfois proche des rites païens.
Reprendre la route et, juste après un petit pont, tourner à gauche vers Bouheben. Ce quartier est une succession d’airiaux dont les constructions (granges, séchoirs, poulaillers, four à pain…) témoignent d’une ancienne organisation de la vie autour de la polyculture et de la forêt. Un artisan propose ici son
Pastis landais, une pâtisserie typique confectionnée à l’origine à base de farine de maïs et parfumée à l’anis. Après un arrêt dégustation, reprendre le vélo et poursuivre jusqu’à Escource. A l’entrée du village, on longe l’usine
Escobois, une entreprise qui transforme le pin des Landes en parquets et lambris de grande qualité. De très vieilles maisons en colombages et torchis sont visibles le long de ce chemin. Tourner à droite sur la place des Platanes, puis à gauche et encore à droite sur la D. 140 en direction de Pontenx. Après le passage du ruisseau, monter à droite la D.140 vers Lüe. Ce chemin est particulièrement paisible pour le cycliste, seulement agrémenté de quelques quartiers sympathiques, comme Angoulin ou Médous, qui se laissent admirer depuis la route.
Après ce dernier airial, passer un ruisseau et continuer tout droit en remontant vers le village de Lüe. Sur la gauche, des prairies accueillent régulièrement des vaches bordelaises ou des porcs gascons qu’un amateur de
races domestiques rustiques élève encore. Faire le tour du rond-point de Lüe pour découvrir les quelques maisons de ce singulier village, qui est malgré tout réputé chez les épicuriens régionaux grâce à la présence de L
’Auberge Landaise, une table fameuse, assoupie sous un
platane gigantesque. Redescendre par le même chemin, et prendre à gauche vers Grué. Plus loin, on découvre cet airial bordé de très vieilles maisons. Jusqu’à il y a peu, on pensait que cet habitat typique de la lande datait du XVIII
ème siècle, voire du XVII
ème. Les équipes scientifiques du Parc naturel, grâce aux techniques modernes de datation du bois, ont prouvé que bien des maisons de la lande étaient antérieures à ces périodes, puisque
les plus anciennes dataient des années 1300 !
Continuer jusqu’à Labouheyre. Au stop, aller tout droit, puis passer sous la N.10 par le passage étroit en respectant bien les feux. Au stop, prendre à gauche ; au suivant, encore à gauche vers Lüe. Prendre ensuite la 1
ère à droite, et s’arrêter à la maison de Félix Arnaudin.
Félix Arnaudin, est né à Labouheyre en 1844, Ethnologue, linguiste, historien, naturaliste, photographe et…cycliste, il passa sa vie à étudier la Grande Lande, dont il témoigna -le premier- de l’originalité géographique et sociale. Il est mort ici même en 1921, et a laissé une œuvre considérable qui témoigne du changement de civilisation sur ce territoire.
Retourner vers le centre-ville par la gauche, passer sous la voie ferrée en prenant le passage cyclable, remonter jusqu’au
buste de Brémontier, un ingénieur qui organisa la fixation des dunes atlantiques. Tourner dans la 1
ère à gauche. Puis encore à gauche au stop. Enfin, prendre à droite et rejoindre la place de l’église. Ne pas quitter cet endroit sans aller voir les
voussures du portail de l’église, dont les sculptures évoquent le passage des pèlerins sur les
chemins de St-Jacques de Compostelle.
A ne pas manquer
Les expositions de photographies à la L’Espace Félix Arnaudin ; 05 58 04 45 04. Le pastis landais de chez Pastagir à Escource ; 05 58 07 21 84. Une escale gastronomique à la Petite Ferme Impériale de Solférino ; 05 58 04 22 37.
Ressources locales
Tous commerces à Labouheyre.
Itinéraire de liaison
Rejoindre Saugnac-et-Muret (33 Km) par la D.626 jusqu’à Commensacq, puis D.34 jusqu’à Pissos, D.43 sur 2,5 Km, puis piste à droite jusqu’à Castelnau, et traverser la N.143.
Textes rédigés par Frédéric Gilbert et Claude Feigné
Issus du Livre "Le Parc naturel des Landes de Gascogne à Vélo" C. Feigné, F.Gilbert, 54 pages, Editions Sud-Ouest |